Après  une mission Ebola 

La période d’incubation de la maladie à virus Ebola peut aller jusqu’à 21 jours. Au cours des 21 jours suivant la dernière exposition possible, tout épisode de fièvre peut susciter des inquiétudes, même lorsque le risque réel de développer la maladie est très faible.

Le risque d’infection dépend du type de travail effectué et du niveau d’exposition potentielle. Le degré de maîtrise de la transmission locale, associé à des systèmes de surveillance fiables, influence le niveau de risque auquel le personnel est exposé. 

À l’heure actuelle, l’épidémie d’Ebola en RDC n’est pas maîtrisée et des systèmes de surveillance fiables ne sont pas encore pleinement mis en place. 

Pour cette raison : tous les membres du personnel ayant passé du temps dans une zone de transmission d’Ebola doivent effectuer une période d’observation de 21 jours, soutenue par MSF.

MSF donne la priorité à la santé et à la sécurité de son personnel et a la responsabilité de veiller à ce que les déplacements de ses équipes n’introduisent pas le virus Ebola dans des pays non touchés. 

Page mise à jour le : 19 juin 2026

Qu'est-ce qu'une "zone rouge" ?

Les « zones rouges » désignées par OCG sont des zones de transmission active d’Ebola.

RDC

  • Pour OCG, tous les projets en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu sont actuellement considérés comme des zones rouges. Cette classification est globalement alignée sur les évaluations des autres Centres opérationnels de MSF. Ce zonage est susceptible d’évoluer au fur et à mesure de la progression de l’épidémie.

OUGANDA

  • Pour OCG, les districts de Kampala et de Wakiso sont actuellement considérés comme des zones rouges.
  • Le personnel peut transiter par l’aéroport d’Entebbe (district de Wakiso) s’il voyage directement vers une zone verte.

Le personnel peut néanmoins être tenu de respecter 21 jours de surveillance s’il a séjourné dans un lieu en RDC ou en Ouganda, conformément aux règles de son pays de destination. 

Pourquoi de nouvelles mesures sont-elles nécessaires ?

La réponse à une flambée d’Ebola entraîne des défis spécifiques sur les plans sanitaire, opérationnel et administratif. De nombreux pays ont mis en place des exigences renforcées de dépistage et de suivi pour les voyageurs en provenance de la RDC et de l’Ouganda.

Les mesures temporaires décrites ci-dessous visent à protéger le personnel, à garantir l’accès à des soins médicaux appropriés si nécessaire et à permettre à OCG de concentrer ses opérations sur une réponse sûre et efficace.

Il est important de se préparer à l’évolution de ces recommandations au fur et à mesure que la situation change. L’objectif est de faciliter les déplacements autant que possible, mais il faut également se préparer à la possibilité de devoir appliquer des mesures plus, plutôt que moins, restrictives. Même si toutes les réponses ne sont pas encore disponibles, l’engagement est de communiquer régulièrement et de manière transparente au fur et à mesure que les décisions sont prises.

Évaluations OCG vs PHEIC de l'OMS 

L'approche de OCG repose sur une analyse des risques des zones réelles de transmission. De nombreuses autorités nationales, cependant, appliquent les recommandations de l'OMS dans le cadre d'une USPPI et considèrent donc que l'ensemble du pays est à risque. Par exemple, Kinshasa, en RDC, est classée comme zone à haut risque par de nombreuses autorités nationales.

Cette différence dans l'évaluation des risques peut conduire à des recommandations divergentes entre OCG et les autorités nationales. Par exemple, OCG peut décider qu'un membre du personnel mobile international (IMS) qui n'a pas séjourné dans une zone rouge définie par OCG peut quitter Kinshasa sans avoir complété la période d'observation de 21 jours de MSF. Cependant, il doit être conscient que les autorités nationales de son pays de destination peuvent encore exiger une période d'observation de 21 jours sur la base des exigences nationales de santé publique.  

ÉVALUATION DES RISQUES DE SORTIE  

  • À la fin de la mission, un débriefing médical spécifique sera organisé. Au cours de ce débriefing, le point focal santé du personnel au Tf21 évaluera le niveau de risque lié à toute exposition potentielle inconnue.
  • Dans le cadre de cette évaluation des risques, le point focal santé du personnel et la personne concernée identifieront conjointement le dernier jour d’exposition potentielle inconnue. Cette date marque le début de la période d’observation de 21 jours déterminée par MSF. 
  • Pendant les 21 jours suivant cette date, un suivi spécifique sera requis afin que MSF puisse réagir de manière appropriée en cas de fièvre.
  • Même lorsque toutes les précautions et tous les protocoles sont respectés, il reste important de prendre en charge une fièvre pouvant survenir durant cette période, car elle peut susciter des inquiétudes pour la personne concernée, son entourage et les professionnels de santé.
  • Pendant la période de suivi, un entretien avec un psychologue de l’Unité Santé du Personnel (SHU) sera également proposé.


Où se déroule la période de surveillance de 21 jours ? 

  • Un certain nombre de conditions doivent être remplies pour valider le lieu de séjour pendant la période de suivi post‑mission pour un projet Ebola. 
  • Le pays sera identifié et discuté avant le départ. Le service santé du personnel TF21 valide le lieu de suivi sur la base de critères médicaux
  • Le critère médical est un hôpital validé par MSF, capable de tester et de traiter Ebola. 
  • En général, la période d’observation se déroule dans le pays du contrat MSF si ce pays répond aux critères médicaux. 
  • Pour le personnel dont le pays de contrat ne répond pas aux critères médicaux, il est probable qu’un retour à domicile ne soit pas possible. TF21 discutera des autres dispositions envisageables lors du briefing pré‑départ. 
  • Certains pays peuvent imposer des restrictions supplémentaires au retour (par exemple des contrôles à l’aéroport) qui doivent être respectées. Voir les directives de voyage ici
  • Certaines réglementations nationales sont très strictes et exigent une période de 21 jours de quarantaine (isolement strict) au lieu d’un suivi (liberté de mouvement). MSF recherchera également des options plus confortables pour le personnel dont les réglementations nationales sont extrêmement restrictives. 
  • Il faut également s’attendre à être contacté par les autorités locales et à se voir demander d’effectuer une auto‑surveillance. 
  • Dans tous les cas, comme les réglementations nationales peuvent évoluer très rapidement lors d’une flambée d’Ebola, la confirmation du lieu de suivi post‑mission sera définitivement validée au moment de la sortie du projet.

Que dois-je faire et ne pas faire pendant la période de surveillance de 21 jours ?

  • La période de surveillance n’est ni un confinement ni une quarantaine. Si l’état de santé est bon, il est possible de mener une vie normale et de travailler (en cas de détachement), tout en veillant à ne pas contracter une autre maladie pouvant provoquer de la fièvre. En fonction des symptômes, il peut être nécessaire d’organiser avec les autorités nationales un test de dépistage d’Ebola. Il s’agit d’un processus stressant pour la personne concernée et pour MSF, que l’on souhaite éviter.
  • C’est pourquoi il est recommandé d’éviter les foules, les jeunes enfants et les espaces confinés et de poursuivre la prophylaxie contre le paludisme. Il est conseillé de prendre sa température deux fois par jour.
  • Pendant la période de suivi post‑mission, il est important d’utiliser son bon sens pour éviter de tomber malade. MSF fait confiance au personnel pour respecter les recommandations mises en place afin de garantir la meilleure sécurité possible.
  • Durant cette période, MSF prolongera le contrat (voir la page FAQ Mobilité et administration). Cela permet d’éviter un retour au travail à domicile trop précoce et de réduire le stress lié à une éventuelle évolution de la fièvre.
  • Il ne sera pas possible de partir en vacances n’importe où avant la fin de cette période de suivi et, de manière générale, les déplacements sont interdits pendant cette période par les autorités nationales.

Que dois-je faire si je développe de la fièvre ou si je me sens mal pendant la période de surveillance de 21 jours ? 

  • Il faut s’auto-isoler immédiatement
  • Il faut ensuite contacter OCG TF21 au +4179 886 73 63 pour obtenir des conseils du Service de santé du personnel. Des indications seront fournies pour le suivi et la prise en charge de la fièvre, conformément aux directives en vigueur dans le pays où la personne se trouve.

Comment puis-je prendre soin de ma santé mentale après mon retour d'une mission Ebola ?

Le retour d’une mission de lutte contre Ebola peut être une expérience particulière et nécessite souvent une période d’adaptation. Pendant la mission, il est possible d’avoir été confronté à des émotions intenses, à des situations difficiles et à un niveau de stress élevé, que d’autres peuvent avoir du mal à comprendre pleinement. Il est également possible d’avoir choisi de ne pas partager certaines peurs ou préoccupations pendant la mission afin de protéger ses proches de l’inquiétude.

Après le retour, il peut être utile de :

  • Identifier quelques personnes de confiance avec lesquelles il est possible de se sentir à l’aise pour parler ouvertement de l’expérience vécue.
  • Se laisser du temps pour se réadapter. Le retour d’une mission Ebola peut nécessiter une période d’adaptation, il est donc important de s’accorder du temps pour se reposer, récupérer et se concentrer sur le soin de soi.
  • Profiter du soutien psychosocial disponible. Un·e psychologue de TF21 prendra contact au début de la période d’observation de 21 jours, puis à mi-parcours, afin d’offrir un espace confidentiel d’échange et de soutien.
  • Garder à l’esprit que demander du soutien fait partie intégrante et saine du processus d’adaptation.

Comment préparer ma famille à mon retour d'une mission Ebola ? 

  • Informer ses proches avant de partir et au moment du retour. 
  • Consulter le document « Retour de famille ».